jeudi 27 Novembre 2025
À partir du 1er mai 2026, chaque joueur souhaitant consulter ou placer un pari en librairie devra s'identifier via le système EPIS. La Commission des Jeux de Hasard (CJH) détaille les modalités d'application de cette réforme profonde, qui va transformer le fonctionnement des librairies F2 et renforcer la protection des joueurs à risque.
Les librairies belges titulaires d'une licence F2 se préparent à un changement de taille. Dès le 1er mai 2026, elles devront soumettre leurs clients à une identification obligatoire via le système EPIS, l'outil fédéral qui recense les joueurs exclus volontairement ou judiciairement.
Une mesure déjà appliquée dans les casinos et salles de jeux, mais qui fait ici son entrée dans l'univers du pari en librairie, entraînant une modernisation sans précédent du secteur.
En publiant ce 25 novembre 2025 un long document explicatif, la Commission des Jeux de Hasard (CJH) marque clairement sa volonté : assurer une protection uniforme de tous les joueurs, quel que soit le lieu où ils parient.
Demain, il ne sera plus possible de consulter les cotes d'un match, de composer un pari, ou même de modifier une mise en cours sans passer par l'identification.
Celle-ci s'effectuera directement sur l'appareil, via un module d'identification certifié, dans lequel le joueur devra insérer sa carte d'identité.
Ce contrôle automatisé vérifie simultanément :
Cette étape deviendra le passage obligé pour toute action liée au pari, qu'il s'agisse de :
En clair : sans carte, pas de pari, et sans contrôle EPIS, la machine restera verrouillée.
La CJH clarifie également un point essentiel : seuls certains documents pourront être utilisés pour l'identification.
Sont acceptés :
En revanche, pas de passeport, pas de carte de membre, pas de carte de joueur.
Ces supports ne permettent ni l'identification certifiée, ni le contrôle EPIS.
Autre élément majeur : le libraire ne pourra jamais réaliser de contrôle manuel. Saisir un nom ou une date de naissance, vérifier un âge à l'œil ou accepter un joueur sans carte : toutes ces pratiques deviennent formellement interdites.
Même en cas de pari placé via un terminal interne, l'identification automatisée reste la règle. Le contrôle passe toujours, sans exception, par le module agréé.
La CJH y insiste : qu'un joueur soit belge ou non, les règles sont identiques. Un touriste ou un résident étranger devra lui aussi présenter un document conforme pour pouvoir jouer.À défaut, l'accès est refusé.
C'est l'un des rares assouplissements : le paiement d'un ticket existant ne nécessite pas d'identification. Un joueur peut donc se présenter en librairie pour encaisser un gain, sans passer par EPIS. Mais cela ne s'applique qu'aux paris déjà placés.
La carte d'exploitant pourra toujours être utilisée, mais dans des circonstances très limitées. Elle n'est autorisée que lorsque le contrôle EPIS est impossible pour des raisons totalement indépendantes du libraire, par exemple une panne côté CJH.
Dans ces situations exceptionnelles :
Mais aucun contrôle EPIS ne sera effectué pendant cette période. Par prudence, la CJH recommande aux libraires de conserver une preuve des circonstances justifiant l'usage de cette carte.À noter : un lecteur de carte défectueux, un joueur sans document ou un refus EPIS ne justifient jamais l'utilisation de la carte d'exploitant.
Le module d'identification devra être certifié par un organisme accrédité, selon les directives techniques publiées sur le site de la CJH.
Il transmettra automatiquement à EPIS :
Les organismes habilités à délivrer ces certifications sont répertoriés sur le site du SPF Économie.
Pour permettre aux libraires de se préparer sereinement, la Commission annonce que les données de connexion aux services EPIS seront mises à disposition à partir du 15 mars 2026.
Les exploitants disposeront ainsi d'un mois et demi pour installer, tester et certifier leur module avant la date d'entrée en vigueur.
En imposant EPIS dans les librairies F2, la Belgique franchit une étape supplémentaire vers un modèle plus responsable du pari sportif. L'identification systématique, auparavant réservée aux casinos et aux salles de jeux, devient un standard national.
Une évolution qui vise à mieux protéger les joueurs vulnérables, à réduire l'accès des mineurs aux paris et à éviter les contournements du système via les points de vente physiques.