Commission des Jeux de Hasard : une cellule financière à l'arrêt et un régulateur sous tension
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CJH en sous-effectif critique : la cellule financière n'a plus aucun collaborateur

jeudi 27 Novembre 2025

Commission des Jeux de Hasard

a Commission des Jeux de Hasard (CJH) traverse une crise de ressources sans précédent. Selon un article du Soir publié le 27 novembre 2025, la cellule financière du régulateur ne compte désormais plus aucun collaborateur, empêchant l'institution de produire les données économiques essentielles au suivi du secteur. Une situation jugée « préoccupante », alors que les missions augmentent et que le budget reste gelé depuis plusieurs années.

Une cellule financière totalement désertée

Le constat dressé par Le Soir est sans appel : la Commission des Jeux de Hasard (CJH), qui encadre l'ensemble du secteur des jeux de hasard en Belgique, ne parvient plus à remplir plusieurs de ses missions faute de personnel.

La cellule financière, autrefois composée de trois personnes, « ne dispose à présent plus du moindre collaborateur ». Résultat immédiat : lors de la publication du rapport annuel, la CJH n'a pas été en mesure de fournir les données financières du marché belge, pourtant essentielles pour mesurer la progression - ou la stagnation - de l'offre légale, des dépenses des joueurs et de l'impact sociétal du secteur.

Une crise généralisée et structurelle

Les difficultés ne se limitent pas à la cellule financière. D'autres services sont également affectés par le manque d'effectifs, une problématique récurrente depuis plusieurs années.

la CJH fonctionne aujourd'hui avec un financement qui n'a plus été indexé, alors que ses charges augmentent continuellement, notamment en raison de l'indexation automatique des salaires.

La présidente de la CJH, Magali Clavie, souligne que ce déséquilibre structurel menace la capacité même du régulateur à accomplir ses missions de contrôle, de sanction, de prévention et de protection des joueurs vulnérables.

Le transfert au SPF Économie comme électrochoc attendu

Actuellement rattachée au SPF Justice, la Commission pourrait passer sous la tutelle du SPF Économie début 2026.
Pour Magali Clavie, ce changement doit constituer un « électrochoc » permettant d'ouvrir une réforme en profondeur de son financement et de ses missions.

Trois pistes sont évoquées :

  1. Augmentation de la contribution annuelle du secteur privé, qui finance la CJH.
  2. Autorisation d'utiliser le fonds de réserve du régulateur.
  3. Limitation de certaines dépenses structurelles, notamment celles liées à la Banque nationale de Belgique (BNB).

Une facture BNB qui pèse lourd : 700.000 euros par an

L'article souligne un point peu connu du public : la CJH doit rémunérer la Banque nationale pour les vérifications mensuelles liées à l'augmentation des limites de dépôt au-delà des 200 euros hebdomadaires.

Fin 2024, 285.000 joueurs étaient concernés par ces vérifications automatiques chaque mois.

Coût estimé pour 2025 : environ 700.000 euros, soit 8,6 % du budget total de la Commission.

Pour la CJH, l'efficacité de cette mesure est très relative.

  • Lors de la consultation initiale, environ 20 % des demandes d'augmentation sont refusées.
  • Mais lors des contrôles mensuels successifs, seuls 0,5 % des joueurs voient finalement leur limite ramenée à la limite légale.

Pire : un joueur refusé sur un site peut toujours contourner le dispositif en ouvrant plusieurs comptes sur des plateformes différentes de jeux légales, jusqu'à dépenser 800 euros par mois.

Un régulateur au bord de l'asphyxie fonctionnelle

Le constat final dressé par Le Soir est préoccupant : un secteur économique majeur, en pleine expansion numérique, pourrait se retrouver sans régulateur pleinement opérationnel au moment où la lutte contre les plateformes illégales, la publicité déguisée, les risques d'addiction et le contrôle des opérateurs n'a jamais été aussi cruciale.

La CJH, déjà en sous-effectif chronique, doit aujourd'hui arbitrer entre ses missions, tout en absorbant un volume de tâches en croissance permanente :

  • contrôle des limites de dépôts,
  • lutte contre les sites illégaux,
  • EPIS,
  • sanctions administratives,
  • gestion des licences,
  • suivi des opérateurs et des partenariats sportifs,
  • analyses juridiques et techniques,
  • régulation de nouveaux segments (jeux en ligne, e-sport, plateformes hybrides).

La situation exige une réforme urgente pour restaurer les capacités du régulateur.

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Notre note : 9.5/10
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