lundi 5 Janvier 2026
Le ministre fédéral de la Protection des consommateurs, Rob Beenders (Vooruit), relance le débat sur l'encadrement des jeux de hasard en Belgique. Parmi les mesures envisagées : une fermeture nocturne des sites de jeux d'argent, un plafond de jeu global pour tous les opérateurs et un durcissement des pratiques commerciales. Des propositions fortes, qui pourraient profondément transformer le paysage des jeux en ligne belges dès 2026.
Selon Rob Beenders, l'un des principaux facteurs de risque liés aux jeux de hasard réside dans leur accessibilité continue, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le ministre estime que l'absence de contrôle social durant la nuit favorise les comportements excessifs, notamment chez les joueurs vulnérables.
« Lorsque le contrôle social disparaît, on constate que les gens jouent davantage. Nous devons briser la logique du jeu 24h/24, 7j/7 », a-t-il déclaré dans plusieurs médias flamands.
Ces déclarations font suite à un témoignage relayé en Flandre, dans lequel une femme expliquait que son ex-partenaire avait perdu plusieurs centaines de milliers d'euros en jouant sous différentes identités et via de multiples comptes. Un cas emblématique qui, selon le ministre, met en évidence des lacunes persistantes dans la législation actuelle.
La proposition la plus marquante concerne la possibilité de rendre techniquement inaccessible l'offre de jeux de hasard en ligne entre minuit et 6h du matin.
L'objectif n'est pas symbolique, mais bien opérationnel : empêcher toute connexion aux plateformes de jeux pendant cette plage horaire.
Cette mesure viserait en priorité :
Une telle restriction constituerait une première en Belgique et placerait le pays parmi les juridictions européennes les plus strictes en matière de prévention du jeu excessif.
Actuellement, la réglementation belge impose une limite de dépôt de 200 € par semaine et par site de jeux.
Rob Beenders propose de revoir ce système jugé trop facilement contournable.
Une telle mesure empêcherait un joueur de multiplier les comptes sur différents opérateurs pour dépasser les limites autorisées, un problème bien connu de la Commission des Jeux de Hasard (CJH).
Autre volet sensible des propositions : les pratiques commerciales des opérateurs. Le ministre Beenders estime que :
peuvent encourager des comportements de jeu excessifs.
Il plaide donc pour une interdiction renforcée de ces mécanismes, dans la continuité du durcissement déjà opéré ces dernières années sur la publicité pour les jeux de hasard en Belgique.
Un point clé du dossier concerne la répartition des compétences au sein du gouvernement fédéral. Rob Beenders n'est pas le ministre compétent pour les jeux de hasard. Cette responsabilité revient au ministre de l'Économie, David Clarinval (MR).
Concrètement, cela signifie que :
Or, les libéraux francophones du MR se sont montrés réticents lors de la précédente législature à un durcissement supplémentaire des règles encadrant les jeux d'argent, notamment en matière de publicité et d'offre légale.
La Belgique dispose pourtant d'un arsenal réglementaire important :
Malgré cela, les chiffres d'addiction, les affaires de contournement et les témoignages de joueurs en difficulté continuent d'alimenter le débat politique. Pour Rob Beenders, le cadre actuel ne suffit plus face à la réalité du jeu en ligne moderne.
Les propositions du ministre Beenders marquent une nouvelle étape dans la réflexion sur la protection des joueurs en Belgique.
Fermeture nocturne des casinos en ligne, limite de jeu globale, suppression des promotions : ces pistes, si elles étaient reprises par le ministre compétent et validées par le gouvernement, pourraient redessiner profondément le marché belge des jeux de hasard à partir de 2026.
Reste désormais à savoir si ces idées se traduiront en actes législatifs concrets, dans un contexte politique où les visions sur les jeux d'argent restent profondément divergentes.