vendredi 28 Novembre 2025
Malgré le retrait officiel de Betway de Belgique en août 2024, l'URL betway.com reste accessible depuis le territoire belge et apparaît encore dans les résultats de Google pour des requêtes comme "Casino en ligne". Ce paradoxe met en lumière les limites pratiques de la régulation par la Commission des Jeux de Hasard (CJH) face à l'univers globalisé d'Internet - et soulève de sérieuses questions sur la protection des joueurs belges.
Betway a officiellement quitté le marché belge
Pourtant, betway.com reste accessible et fonctionnel - avec casino en ligne, bonus, jeux etc.
Le site apparaît dans les résultats publics de Google pour « casino en ligne » en 14e position - ce qui lui donne une visibilité publique en Belgique
La CJH n'a pas la main pour bloquer automatiquement l'accès à un site international
Quand un opérateur comme Betway cesse ses activités en Belgique, cela ne signifie pas qu'il disparaît d'Internet. Son site global (betway.com) reste hébergé à l'étranger, accessible depuis n'importe quel pays sans filtre by default. Sauf si le domaine est ajouté à la « liste noire », ou si les fournisseurs d'accès (FAI) appliquent un blocage.
Le nom « Betway » reste attirant pour un internaute belge - et le référencement (SEO, Google) ne respecte pas les frontières nationales
Google n'opère pas un tri par pays pour déterminer qu'un site est interdit à un pays donné - sauf recours à des systèmes de géoblocage ou filtrage que l'opérateur doit mettre en œuvre. Si le site n'est pas bloqué, il continue d'apparaître, ce qui peut tromper un joueur belge en quête d'un casino en ligne.
Le fait qu'un site soit « légal dans un autre pays » n'en fait pas un site légal en Belgique
Betway est réglementé à Malte (licence MGA). Mais la régulation belge exige une licence locale (et des obligations comme séparation des jeux, EPIS, contrôles KYC stricts).
Le simple fait que le site soit accessible ne garantit donc aucune conformité au cadre belge.
Cette « zone grise » autour de Betway - site accessible, visible, mais illégal en Belgique - illustre un problème plus structurel : la régulation nationale des jeux d'argent est dépassée par la nature transnationale d'Internet.
Les régulateurs comme la CJH peuvent blacklister des domaines précis, mais dès lors qu'un opérateur maintient un domaine global, hébergé hors de Belgique, il peut continuer à viser des joueurs belges, volontairement ou non.
Le référencement par Google, les habitudes de navigation, l'absence de blocage technique : autant de vecteurs qui contournent l'intention réglementaire.
Ce constat met en exergue l'importance d'une éducation des joueurs (sensibilisation aux sites illégaux), d'un filtrage à l'échelle des FAI (fournisseurs d'accès Internet), et d'une coopération internationale entre régulateurs pour limiter ces contournements.
La persistance de la visibilité de Betway en Belgique - via betway.com - malgré son retrait officiel prouve que la régulation nationale, même stricte, reste insuffisante pour « débrancher » un acteur du jeu en ligne.
Pour un joueur belge, la frontière entre « site légal » et « site accessible » devient floue. Ce flou profite à des opérateurs étrangers mais représente un vrai danger pour la protection des consommateurs.
À l'heure où la lutte contre le jeu illégal s'intensifie (comme le rappellent les récents ajouts à la liste noire de la CJH) , il paraît essentiel de renforcer les dispositifs techniques (blocage DNS/IP), l'information publique, et les moyens de repérage - car sinon, l'efficacité du système reste sérieusement compromise.