lundi 31 Août 2026
La Commission des jeux de hasard a ajouté sept nouveaux noms de domaine à sa liste noire. Parmi eux, nationale-loterij.online se distingue par une méthode particulièrement trompeuse : le site se présente comme une page de téléchargement d'application associée à la Loterie Nationale, alors que l'utilisateur risque finalement d'installer une application donnant accès à un casino non autorisé en Belgique. D'autres domaines montrent parallèlement comment les opérateurs illégaux multiplient les variantes d'adresses pour rester accessibles malgré les blocages.
La Commission des jeux de hasard (CJH) poursuit sa lutte contre les plateformes de jeux d'argent accessibles illégalement depuis la Belgique. Une nouvelle série de sept noms de domaine a fait son apparition sur sa liste noire, à la suite de décisions datées du 27 août 2026.
Les domaines concernés sont :
Cette nouvelle mise à jour illustre une nouvelle fois la diversité des méthodes utilisées par les opérateurs non autorisés pour attirer les joueurs belges. Certains exploitent des marques de casinos déjà connues, d'autres multiplient les noms de domaine pour remplacer des adresses bloquées.
Mais l'un des nouveaux venus retient tout particulièrement l'attention : nationale-loterij.online.
Pour un internaute belge néerlandophone, difficile de ne pas faire le rapprochement. « Nationale Loterij » est tout simplement le nom néerlandais de la Loterie Nationale belge. Le véritable opérateur public utilise d'ailleurs officiellement cette appellation et le domaine nationale-loterij.be.
L'adresse nationale-loterij.online crée donc, dès son apparition dans un navigateur ou dans les résultats d'un moteur de recherche, une proximité particulièrement forte avec l'institution officielle.
Mais la stratégie employée va plus loin qu'un simple nom de domaine ressemblant à celui de la Loterie Nationale.
Contrairement à certaines techniques de phishing consistant à reproduire presque à l'identique le site internet d'une entreprise connue, nationale-loterij.online adopte une présentation différente. Le visiteur découvre ce qui ressemble à une fiche classique consacrée à une application mobile. La page comporte les éléments que les utilisateurs ont l'habitude de retrouver lorsqu'ils souhaitent installer une application : une icône, un bouton ou un lien d'installation, des captures ou aperçus d'écran ainsi que des avis présentés comme provenant d'utilisateurs.
L'objectif apparent est de donner au visiteur le sentiment qu'il se trouve devant une application liée à la Nationale Loterij. Or, l'application proposée ne conduit pas vers les jeux officiels de la Loterie Nationale. Elle donne accès à une offre de casino qui n'est pas autorisée par la Commission des jeux de hasard pour le marché belge.
La confusion est donc potentiellement importante : un utilisateur peut penser télécharger une application officielle ou associée à une institution belge bien connue et se retrouver finalement dans l'environnement d'un casino pirate.
La technique est particulièrement préoccupante parce qu'elle exploite plusieurs réflexes habituels des internautes. Un nom de domaine proche d'une marque connue constitue déjà un premier élément de confiance. La présentation sous forme de fiche d'application en apporte un deuxième : icône, captures d'écran et commentaires d'utilisateurs donnent à l'ensemble l'apparence d'une page consacrée à un véritable produit mobile.
Un internaute qui ne vérifie pas précisément l'adresse du site peut donc poursuivre l'installation sans nécessairement comprendre qu'il quitte complètement l'environnement de la Loterie Nationale. Le choix du nom « nationale-loterij » n'est à cet égard pas anodin. Il reprend exactement les termes sous lesquels l'institution se présente auprès du public néerlandophone belge.
Cette proximité peut également avoir un impact en matière de référencement. Un utilisateur recherchant une application de la Nationale Loterij dans un moteur de recherche peut être moins attentif à l'extension du domaine lorsqu'il reconnaît immédiatement les mots qu'il vient de rechercher.
La présence de nationale-loterij.online sur la liste noire n'est pas un cas totalement isolé. Un autre domaine, nationale-loterij-be.website, avait déjà été ajouté à la liste des sites interdits à la suite d'une décision du 19 mars 2026.
L'utilisation de noms évoquant des opérateurs parfaitement légaux devient ainsi un problème supplémentaire dans la lutte contre les jeux de hasard illégaux.
Pour les joueurs, la distinction entre marché légal et marché illégal ne repose plus nécessairement sur la présence d'une marque inconnue ou d'un casino au nom exotique. Certains sites cherchent au contraire à profiter de la réputation d'acteurs déjà connus et identifiés par le grand public.
Deux autres adresses de cette nouvelle vague illustrent une autre technique désormais courante : la multiplication des domaines.
Le domaine thorcasino2.com vient ainsi rejoindre thorcasino.com, déjà placé sur la liste noire belge à la suite d'une décision du 25 juin 2026.
Même phénomène avec winplace5.com. Le domaine winplace.com avait déjà été visé par la CJH en avril 2026.
Le principe est simple. Lorsqu'une adresse devient identifiée, bloquée ou moins accessible, une nouvelle variante peut être créée en ajoutant un chiffre ou en modifiant légèrement le nom du domaine.
Pour l'opérateur, cela permet de conserver une adresse très proche de la marque utilisée auprès de ses joueurs. Pour les autorités, cette pratique transforme la lutte contre les casinos illégaux en véritable jeu du chat et de la souris. Bloquer un domaine ne signifie donc pas nécessairement faire disparaître définitivement la plateforme.
Les autres sites ajoutés à la liste noire sont betterplaywin.com, sharkroulette.com, spinaura.com et crypco6.com. Leur présence rappelle qu'un site accessible depuis la Belgique n'est pas nécessairement un site autorisé en Belgique. C'est précisément le rôle de la liste noire tenue par la Commission des jeux de hasard. Celle-ci reprend les sites identifiés comme proposant des jeux de hasard ou des paris en ligne sans disposer de la licence belge nécessaire.
Et la liste ne peut, par définition, être exhaustive. De nouvelles plateformes apparaissent régulièrement, tandis que d'autres changent de domaine lorsqu'elles sont identifiées.
L'absence d'un casino sur la liste noire ne constitue donc pas, à elle seule, une preuve de légalité.
La différence entre un opérateur autorisé et un casino pirate ne se limite pas à une formalité administrative.
Les sites de jeux agréés pour le marché belge sont soumis à un ensemble de règles destinées notamment à encadrer le jeu et à protéger les joueurs. Ils doivent également se soumettre aux contrôles des autorités compétentes. La CJH rappelle dans sa campagne « Always Play Legally » que les joueurs qui se tournent vers des plateformes illégales ne bénéficient pas des mêmes garanties. Le paiement des gains n'est notamment pas garanti et les mesures de protection imposées aux opérateurs légaux peuvent être absentes.
Le cas de nationale-loterij.online ajoute ici un risque supplémentaire : le joueur peut ne même pas avoir conscience, au moment où il commence son parcours, qu'il se dirige vers un opérateur de casino non autorisé.
La prudence doit commencer avant même le téléchargement d'une application.
Un joueur souhaitant utiliser les services numériques de la Loterie Nationale doit partir du site officiel de celle-ci et vérifier attentivement le nom de domaine utilisé. En français, la Loterie Nationale communique via loterie-nationale.be. Pour la version néerlandophone, l'adresse officielle est nationale-loterij.be.
Une extension différente, un chiffre supplémentaire ou un nom ressemblant fortement à une marque connue doit inciter à vérifier l'origine du service avant toute installation, inscription ou communication de données personnelles.
Il faut également se méfier d'une page qui demande d'installer directement un fichier ou une application alors que l'utilisateur pensait accéder aux services habituels d'une entreprise connue.
Avec cette nouvelle mise à jour, la Commission des jeux de hasard continue d'identifier les offres illégales accessibles au public belge. Mais les nouveaux domaines montrent surtout à quel point les techniques évoluent.
D'un côté, des plateformes comme Thor Casino ou WinPlace peuvent multiplier leurs adresses pour tenter de survivre aux blocages. De l'autre, des domaines tels que nationale-loterij.online vont beaucoup plus loin dans la confusion en reprenant le nom d'un acteur institutionnel belge pour présenter une application de casino non autorisée sous une apparence rassurante.
Pour les joueurs, le nom du casino ne suffit donc plus. Le nom de domaine, son extension et l'origine exacte d'une application deviennent eux aussi des éléments essentiels à vérifier avant de jouer ou d'installer quoi que ce soit.