EPIS compte 202.912 dossiers, mais moins de la moitié sont liés à un comportement de jeu problématique
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EPIS en Belgique : pourquoi 202.912 exclusions ne signifient pas 202.912 joueurs à risque

mardi 4 Août 2026

EPIS compte 202.912 dossiers, mais moins de la moitié sont liés à un comportement de jeu problématique

Le système EPIS comptabilisait 202.912 dossiers d'exclusion au 1er août 2026. Un chiffre important, mais qui doit être interprété avec prudence : moins de la moitié des inscriptions sont directement liées à un comportement de jeu potentiellement problématique. Le total ne correspond pas non plus à 202.912 personnes différentes, puisqu'un même individu peut figurer dans plusieurs catégories.

EPIS compte 202.912 dossiers, mais moins de la moitié sont liés à un comportement de jeu problématique

Le nombre de dossiers enregistrés dans EPIS continue d'augmenter en Belgique. Au 1er août 2026, l'Excluded Persons Information System comptabilisait 202.912 dossiers d'exclusion, contre 201.531 un mois plus tôt.

Cette progression porte le nombre de dossiers supplémentaires à 1.381 en un mois, soit une hausse d'environ 0,7 %. Mais derrière ce total supérieur à 200.000 se cache une réalité plus nuancée que ne pourrait le laisser penser une lecture rapide des statistiques.

EPIS ne recense pas uniquement des joueurs ayant demandé à être exclus en raison d'une perte de contrôle sur leur pratique. Il regroupe également plusieurs catégories d'exclusions préventives, administratives, professionnelles, judiciaires ou financières.

Surtout, le nombre affiché correspond à des dossiers d'exclusion et non nécessairement à autant de personnes différentes.

Moins de la moitié des dossiers directement liés au comportement de jeu

Dans une publication consacrée au fonctionnement d'EPIS, la Belgian Association of Gaming Operators, BAGO, insiste sur un élément essentiel : moins de la moitié des cas enregistrés sont directement liés à un comportement de jeu potentiellement problématique.

Cette précision permet d'éviter d'assimiler automatiquement les quelque 203.000 dossiers à autant de joueurs dépendants ou en difficulté.

Au 1er août 2026, les exclusions enregistrées se répartissaient comme suit :

Motif d'exclusion Nombre de dossiers Part du total
Exclusion sur demande 76.835 37,9 %
Exclusion liée à la profession 57.830 28,5 %
Procédure judiciaire 8.078 4,0 %
Règlement collectif de dettes 60.169 29,7 %
Total 202.912 100 % environ

Les exclusions sur demande représentent donc 37,9 % de l'ensemble des dossiers. Cette catégorie est celle qui est la plus directement susceptible d'être associée à une volonté de se protéger contre les risques liés au jeu.

Elle peut notamment comprendre une demande introduite par la personne concernée. Une procédure peut également être engagée à la demande d'un tiers intéressé ou d'un administrateur.

Une exclusion volontaire peut être sollicitée lorsqu'une personne estime que sa pratique devient difficile à maîtriser, qu'elle dépense trop d'argent ou qu'elle souhaite simplement prendre une mesure préventive. Une telle démarche ne constitue toutefois pas, à elle seule, un diagnostic médical d'addiction.

Près de six dossiers sur dix relèvent de mesures préventives

Les deux autres grandes catégories d'EPIS sont les exclusions liées à la profession et celles résultant d'un règlement collectif de dettes.

Ensemble, elles représentent 117.999 dossiers, soit environ 58,2 % du total.

Ces inscriptions ne sont pas nécessairement la conséquence d'un comportement problématique face aux jeux de hasard.

Les exclusions liées à la profession

Au 1er août 2026, 57.830 dossiers, soit 28,5 % du total, étaient associés à la profession exercée par la personne concernée. Certaines catégories professionnelles sont exclues préventivement de plusieurs formes de jeux de hasard en raison de leur fonction. Sont notamment concernés certains membres de la magistrature, les notaires, les huissiers de justice et les membres des services de police.

L'objectif n'est pas de sanctionner une pratique de jeu excessive, mais notamment de prévenir les conflits d'intérêts et de protéger l'intégrité de certaines fonctions. Une personne enregistrée pour ce motif ne doit donc pas être considérée comme un joueur problématique. L'exclusion découle avant tout de son statut professionnel.

Les règlements collectifs de dettes

La catégorie des règlements collectifs de dettes rassemble 60.169 dossiers, soit 29,7 % de l'ensemble des exclusions. Lorsqu'une personne est admise dans une procédure de règlement collectif de dettes, elle est automatiquement exclue des établissements et plateformes de jeux concernés par EPIS.

Cette interdiction vise à protéger une personne dont la situation financière est déjà fragilisée. Elle évite notamment que des fonds nécessaires au remboursement des créanciers ou aux dépenses courantes soient utilisés pour jouer.

L'existence d'un règlement collectif de dettes peut parfois être liée à des dépenses de jeu. Elle peut cependant aussi résulter d'une perte d'emploi, de difficultés familiales, de problèmes de santé, de crédits trop importants ou d'autres événements financiers sans rapport avec les jeux de hasard.

Les exclusions judiciaires représentent 4 % du total

Les procédures judiciaires concernent 8.078 dossiers, soit 4 % du total enregistré au 1er août 2026.

Cette catégorie peut notamment couvrir des personnes placées sous un régime de protection ou faisant l'objet d'une interdiction imposée dans le cadre d'une décision judiciaire.

Là encore, la présence dans EPIS ne permet pas de conclure automatiquement à l'existence d'une addiction. La mesure peut être décidée afin de protéger une personne vulnérable ou incapable de gérer seule certains aspects de sa situation personnelle ou financière.

Un dossier ne correspond pas nécessairement à une personne

La seconde précaution importante concerne la manière dont les chiffres sont comptabilisés. La Commission des jeux de hasard précise que le total porte sur le nombre de dossiers d'exclusion. Or, une même personne peut être enregistrée dans plusieurs catégories.

Un joueur peut, par exemple, introduire une demande d'exclusion volontaire, puis être admis ultérieurement en règlement collectif de dettes. Il figurera alors dans deux catégories distinctes et générera deux dossiers, alors qu'il ne s'agit que d'une seule personne.

Le nombre réel de personnes exclues est donc inférieur aux 202.912 dossiers affichés dans les statistiques. Cette distinction est fondamentale. Présenter le total comme correspondant à 202.912 Belges différents serait incorrect. Il serait tout aussi trompeur de parler de 202.912 personnes souffrant d'une addiction aux jeux d'argent.

La page EPIS de Jeu-Argent.be rappelle précisément que le nombre de personnes concernées est inférieur au nombre de dossiers, puisqu'un même individu peut cumuler plusieurs motifs d'exclusion.

Une progression de 1.381 dossiers en un mois

Dans sa publication parue début août, BAGO utilise les chiffres disponibles au 1er juillet 2026. À cette date, EPIS comptabilisait 201.531 cas d'exclusion enregistrés. L'association rappelle également que moins de la moitié étaient directement liés à un comportement de jeu potentiellement problématique et qu'une même personne pouvait apparaître dans plusieurs catégories.

Les données actualisées au 1er août portent désormais le total à 202.912 dossiers, soit 1.381 de plus.

Cette évolution ne permet cependant pas de déterminer combien de nouvelles personnes ont été exclues au cours du mois de juillet. Une partie de l'augmentation peut provenir de nouveaux dossiers ouverts pour des personnes déjà présentes dans une autre catégorie.

Les statistiques globales ne permettent pas non plus, à elles seules, de mesurer l'évolution du nombre de joueurs réellement confrontés à une pratique excessive.

EPIS, un contrôle obligatoire pour les opérateurs agréés

EPIS est la base de données centrale utilisée en Belgique pour empêcher les personnes exclues d'accéder à certaines offres légales de jeux de hasard.

Lorsqu'un joueur tente de se connecter à un casino ou à un site de paris agréé, l'opérateur doit vérifier son statut dans le système. Le contrôle s'applique également dans les casinos, les salles de jeux automatiques et les agences de paris physiques.

Depuis l'extension du dispositif aux librairies proposant des paris, ces établissements doivent eux aussi consulter EPIS avant de permettre à un client de participer aux paris concernés. Lorsqu'une personne est reprise dans le système, l'opérateur légal doit lui refuser l'accès. BAGO qualifie ainsi EPIS de pilier indispensable de la protection des joueurs en Belgique.

Un outil important, mais limité au marché légal

EPIS constitue une barrière immédiate dans les établissements et sur les plateformes agréés par la Commission des jeux de hasard. Son efficacité dépend toutefois du respect du dispositif par les opérateurs et de la capacité des autorités à maintenir les personnes exclues dans le circuit réglementé.

Un site illégal sans licence belge n'est pas intégré au système. Il peut donc accepter une personne inscrite dans EPIS sans procéder aux contrôles imposés aux opérateurs légaux. Cette limite ne remet pas en cause l'utilité du registre, mais elle montre que la protection par l'exclusion doit s'accompagner d'une lutte efficace contre les plateformes clandestines.

Des statistiques à présenter avec précision

Le franchissement du seuil des 202.000 dossiers montre l'ampleur prise par EPIS dans la politique belge de protection des joueurs. Mais ce chiffre ne peut être utilisé comme une estimation du nombre de personnes dépendantes aux jeux d'argent.

Les données disponibles permettent seulement d'affirmer qu'EPIS comptabilisait 202.912 dossiers au 1er août 2026.

Parmi eux, 37,9 % relèvent d'une exclusion sur demande. La majorité des dossiers correspond à des mesures professionnelles, financières ou judiciaires dont le lien avec une pratique problématique du jeu n'est pas systématique.

Deux précautions doivent donc accompagner toute publication de ces statistiques : moins de la moitié des dossiers sont directement liés à un comportement de jeu potentiellement problématique et une même personne peut être comptabilisée dans plusieurs catégories.

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