Jeu illégal : le patron de Golden Palace dénonce un système qui « musèle » les opérateurs belges régulés
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Stake, Eden Hazard et le marché offshore : Golden Palace appelle à repenser la lutte contre le jeu illégal

vendredi 4 Septembre 2026

Stake, Eden Hazard et le marché offshore : Golden Palace appelle à repenser la lutte contre le jeu illégal

Massimo Menegalli, co-CEO du groupe Golden Palace, s'inquiète de la place prise par les opérateurs de jeux offshore alors que les acteurs agréés doivent composer avec des règles de plus en plus strictes. Prenant l'exemple de Stake, partenaire d'Eden Hazard mais non autorisé en Belgique, le dirigeant estime que la politique actuelle risque paradoxalement de renforcer la visibilité des plateformes échappant au contrôle des régulateurs.

Golden Palace pointe le paradoxe entre opérateurs régulés et casinos offshore

La lutte contre les sites de jeux d'argent illégaux revient une nouvelle fois au centre du débat en Belgique. Cette fois, c'est Massimo Menegalli, co-CEO du groupe Golden Palace, qui interpelle publiquement sur ce qu'il considère comme un déséquilibre croissant entre les opérateurs réglementés et les plateformes offshore.

Dans un long message publié sur LinkedIn, le dirigeant belge prend notamment pour exemple Stake, l'une des marques de jeux en ligne les plus importantes au niveau international et partenaire de l'ancien Diable Rouge Eden Hazard.

Selon lui, le problème ne tient plus seulement au nombre de joueurs attirés par les plateformes illégales. Ces dernières seraient également capables de concentrer une part considérable des mises tout en échappant aux obligations imposées aux opérateurs autorisés.

Stake valorisé à environ 2,5 milliards de dollars canadiens

Massimo Menegalli s'appuie notamment sur une récente analyse publiée par CasinoCanada consacrée à la « channelisation », c'est-à-dire la capacité d'un marché réglementé à orienter les joueurs vers les opérateurs disposant d'une licence.

L'étude s'est intéressée à 301 marques de jeux d'argent actives auprès des joueurs canadiens. Elle estime Stake à une valeur d'environ 2,5 milliards de dollars canadiens, soit près de 1,8 milliard de dollars américains. La plateforme arriverait ainsi devant toutes les marques de jeux réglementées étudiées au Canada. Un constat d'autant plus interpellant que Stake ne détient, selon cette analyse, aucune licence permettant d'exploiter son offre dans une province canadienne. La situation n'est d'ailleurs pas totalement étrangère au marché belge.

Stake ne dispose pas non plus d'une licence belge de jeux d'argent. Les conditions générales de l'opérateur classent d'ailleurs actuellement la Belgique parmi les juridictions dans lesquelles ses services ne doivent pas être utilisés.

Un joueur canadien sur trois utiliserait une plateforme offshore

Les données reprises par CasinoCanada mettent surtout en évidence l'importance économique prise par les sites offshore.

Selon les chiffres d'août 2026 de Blask cités dans l'étude :

  • 66,47 % des joueurs canadiens utiliseraient les sites réglementés ;
  • 33,53 % utiliseraient des opérateurs offshore.

En nombre de joueurs, le marché légal reste donc majoritaire. Mais la situation s'inverse lorsqu'on observe les montants misés. Les opérateurs offshore auraient enregistré environ 712 millions de dollars canadiens de mises, contre 484 millions pour l'ensemble des plateformes réglementées. Autrement dit, environ un tiers des joueurs générerait davantage de mises sur les plateformes offshore que les deux tiers utilisant l'offre réglementée.

C'est précisément ce phénomène que Massimo Menegalli met en avant. Pour le dirigeant de Golden Palace, les opérateurs illégaux « ne captent pas seulement des joueurs » : ils parviennent également à capter une part disproportionnée des volumes de jeu.

Les joueurs à risque particulièrement présents sur les plateformes offshore ?

Le post attire également l'attention sur un chiffre spectaculaire : les joueurs problématiques représenteraient seulement 2,1 % des joueurs mais généreraient 46 % des sommes misées auprès d'opérateurs offshore. Cette donnée mérite toutefois une précision. Elle ne provient pas directement du marché canadien. CasinoCanada s'appuie ici sur une étude menée en Norvège à partir de données individuelles de comptes joueurs. Les chercheurs avaient constaté que les joueurs considérés comme problématiques représentaient 2,1 % de la population étudiée, mais 46 % du chiffre d'affaires généré auprès des opérateurs offshore.

À titre de comparaison, ils représentaient 17 % du volume enregistré auprès des opérateurs réglementés. CasinoCanada considère que le modèle norvégien présente certaines similitudes avec plusieurs provinces canadiennes, mais ces chiffres ne peuvent donc pas être directement transposés au Canada ou à la Belgique. Ils illustrent néanmoins une question centrale : les joueurs les plus vulnérables sont-ils davantage susceptibles de se tourner vers des plateformes qui proposent moins de restrictions ?

Les messages de jeu responsable montrent leurs limites

Massimo Menegalli s'appuie également sur une étude publiée en avril 2026 par Toronto Metropolitan University et plusieurs universités partenaires. Plus de 1.800 parieurs sportifs d'Ontario et d'Alberta ont été interrogés. Parmi les jeunes hommes étudiés :

  • 77 % déclaraient être exposés chaque semaine à des publicités pour les paris sportifs.
  • 60 % estimaient que ces publicités influençaient leur manière de parier.

Et surtout, 60 % déclaraient que les messages consacrés au jeu responsable avaient peu ou pas d'effet sur la réduction de leurs habitudes de jeu.

Pour Massimo Menegalli, ces résultats montrent les limites d'une politique reposant principalement sur la prévention lorsque les joueurs restent parallèlement exposés à des opérateurs offshore disposant d'importants moyens marketing.

Eden Hazard, ambassadeur mondial de Stake

La référence à Stake est particulièrement sensible en Belgique depuis l'annonce du partenariat conclu avec Eden Hazard. L'ancien capitaine des Diables Rouges est devenu en 2026 ambassadeur mondial de la marque. Stake met d'ailleurs largement en avant l'immense popularité internationale du joueur belge, notamment auprès de ses dizaines de millions d'abonnés sur les réseaux sociaux.

Cette collaboration avait provoqué une réaction immédiate de la Commission des jeux de hasard belge. En mars 2026, la Kansspelcommissie avait confirmé à la presse flamande l'ouverture d'une enquête concernant le partenariat entre l'ancien footballeur et l'opérateur, Stake n'étant pas titulaire d'une licence belge.

L'affaire illustre parfaitement le problème soulevé aujourd'hui par Golden Palace : un opérateur non agréé peut parfois bénéficier d'une visibilité internationale considérable grâce au sport et aux réseaux sociaux, alors que les possibilités publicitaires des opérateurs autorisés en Belgique sont désormais extrêmement limitées.

En Belgique, les opérateurs légaux sont soumis à de nombreux garde-fous

Le contraste est particulièrement important sur le marché belge. Un casino en ligne légal ne peut pas simplement décider d'accepter les joueurs belges. L'exploitation d'un site nécessite une licence complémentaire délivrée par la Commission des jeux de hasard et liée à un établissement terrestre disposant lui-même d'une licence.

Les opérateurs agréés doivent également appliquer différentes mesures destinées à protéger les joueurs.

Parmi elles figurent notamment :

  • la vérification de l'identité du joueur ;
  • la consultation du système d'exclusion EPIS ;
  • les restrictions concernant les dépôts ;
  • l'interdiction de jouer pour les personnes exclues ;
  • les différentes obligations en matière de jeu responsable ;
  • la surveillance et les contrôles de la Commission des jeux de hasard.

Les joueurs disposent par ailleurs d'un cadre légal belge et de possibilités de recours en cas de problème avec un opérateur autorisé. Ces mécanismes ne peuvent évidemment pas être imposés avec la même efficacité à une plateforme étrangère opérant sans licence belge.

Une réglementation publicitaire devenue extrêmement restrictive

C'est surtout la question de la publicité qui nourrit la critique de Massimo Menegalli. La Belgique a considérablement renforcé les restrictions imposées à la promotion des jeux d'argent ces dernières années. Depuis l'entrée en vigueur de l'arrêté royal du 27 février 2023, la publicité pour les jeux de hasard est interdite sur une grande partie des médias et canaux accessibles au grand public.

Le sponsoring sportif a lui aussi été progressivement limité. L'objectif poursuivi est clair : réduire l'exposition de la population, et tout particulièrement des personnes vulnérables, aux incitations à jouer. Mais les opérateurs réglementés contestent depuis longtemps un effet secondaire potentiel de cette politique : lorsqu'une marque légale ne peut pratiquement plus communiquer sur son existence, un joueur peut avoir davantage de difficultés à distinguer un casino autorisé d'un casino offshore.

« Nous avons presque l'interdiction de dire que nous existons »

C'est précisément le cœur du message publié par le co-CEO de Golden Palace. Massimo Menegalli rappelle que les opérateurs belges investissent dans la protection des joueurs, vérifient leur identité et doivent respecter les règles établies par le législateur et la Commission des jeux de hasard. Mais dans le même temps, estime-t-il, leurs possibilités de communication ont été réduites à un niveau tel qu'ils peuvent difficilement promouvoir l'offre légale face aux acteurs offshore.

Il résume cette frustration par une formule particulièrement directe :

« Nous avons presque l'interdiction de dire que nous existons. »

Le dirigeant ne remet donc pas en cause le principe même de la protection des joueurs. Il conteste plutôt l'idée selon laquelle multiplier les contraintes sur les seuls opérateurs réglementés suffirait à réduire les risques liés aux jeux d'argent.

Le véritable enjeu : diriger les joueurs vers le marché légal

Cette problématique est connue sous le terme de « channelisation ». Un marché peut disposer d'une réglementation très protectrice sur le papier. Mais cette protection perd une partie de son efficacité lorsque de nombreux joueurs quittent l'environnement réglementé pour utiliser des sites sur lesquels ces règles ne peuvent pas être appliquées. Toute la difficulté consiste donc à trouver un équilibre.

Les règles doivent être suffisamment strictes pour protéger les joueurs, mais l'offre réglementée doit également rester suffisamment visible et attractive pour éviter que ceux-ci ne migrent massivement vers des opérateurs offshore. L'exemple canadien cité par Massimo Menegalli montre jusqu'où ce phénomène peut aller : une minorité de joueurs utilisant des plateformes offshore peut représenter la majorité des sommes misées.

Un débat particulièrement actuel en Belgique

La Belgique est confrontée à la même question depuis plusieurs années. La Commission des jeux de hasard enrichit régulièrement sa liste noire de sites proposant illégalement des jeux d'argent aux joueurs belges. Mais le blocage d'un nom de domaine ne suffit pas toujours.

Les opérateurs offshore peuvent modifier leurs adresses internet, multiplier les sites miroirs ou utiliser les réseaux sociaux et différents canaux numériques pour toucher de nouveaux joueurs. Pour les opérateurs légaux, la lutte contre le marché illégal ne peut donc pas reposer uniquement sur l'ajout de restrictions supplémentaires au marché réglementé.

C'est précisément le message défendu par Massimo Menegalli : une politique de protection du joueur doit également empêcher les plateformes échappant à toute régulation belge de bénéficier du terrain abandonné par les opérateurs agréés.

Le débat ne porte finalement plus seulement sur la quantité de réglementation. Il porte sur son efficacité réelle : jusqu'où peut-on restreindre l'offre légale sans, involontairement, rendre l'offre illégale plus attractive ou plus visible ?

Golden Palace - Casino légal en Belgique

Golden Palace est agréé
par Commission des Jeux de Hasard de
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