vendredi 20 Février 2026
La Belgian Association of Gaming Operators (BAGO) renforce son engagement en matière de protection des joueurs avec le renouvellement de sa Charte Duty of Care. L'association plaide désormais pour un devoir d'encadrement obligatoire pour tous les opérateurs titulaires d'une licence délivrée par la Commission des Jeux de Hasard (CJH), dans un contexte où le marché illégal capterait davantage de joueurs que l'offre légale.
Pour BAGO, la protection des joueurs ne peut être réellement efficace que dans un environnement réglementé, contrôlé par la Commission des Jeux de Hasard (CJH).
Le concept de « Duty of Care » - ou devoir d'encadrement - repose sur une idée simple : les opérateurs agréés doivent détecter et prévenir le plus tôt possible les comportements de jeu problématiques.
Cet engagement, volontaire jusqu'à présent, s'intègre structurellement dans l'organisation des opérateurs légaux. Il s'appuie sur l'analyse des données de jeu, la détection précoce des signaux de risque et des interventions proportionnées.
Pour BAGO, la responsabilité ne peut exister que là où elle est contrôlable. Sur les sites illégaux, aucun devoir de vigilance n'est imposé, aucun monitoring n'est obligatoire et aucun suivi n'est garanti.
Le devoir d'encadrement est étroitement lié au principe de canalisation, pilier fondamental de la politique belge des jeux de hasard. La canalisation vise à orienter les joueurs vers l'offre légale, seule capable d'appliquer des mécanismes de protection effectifs.
BAGO met en avant un chiffre préoccupant : pour 2 joueurs actifs sur un site légal, environ 3 joueraient sur un site illégal. Autrement dit, une majorité de joueurs évoluerait aujourd'hui dans un environnement dépourvu de tout cadre protecteur. Cette situation fragilise l'ensemble de la politique publique en matière de prévention. Car même les dispositifs les plus avancés deviennent inefficaces si les joueurs quittent l'offre agréée.
Les opérateurs membres de BAGO utilisent des systèmes de surveillance basés sur l'intelligence artificielle.
Ces outils analysent notamment :
L'objectif est de détecter précocement des schémas de comportement à risque et d'intervenir avant que la situation ne dégénère.
La détection ne constitue qu'une première étape.
Lorsque des signaux de risque apparaissent, les opérateurs peuvent mettre en place :
L'approche se veut progressive et adaptée au profil du joueur.
Dans l'environnement légal, les joueurs disposent d'outils concrets :
L'exclusion peut également être activée via le système EPIS, géré par la Commission des Jeux de Hasard, qui bloque l'accès aux casinos terrestres, aux salles de jeux automatiques, aux agences de paris et aux plateformes en ligne agréées.
Ces mécanismes sont juridiquement contraignants pour les opérateurs titulaires d'une licence. Ils sont inexistants sur les sites non agréés.
Au-delà des outils technologiques, le Duty of Care implique :
Les équipes doivent être capables d'identifier les signaux pertinents, d'intervenir avec cohérence et de dialoguer avec les joueurs de manière professionnelle.
Avec le renouvellement de sa Charte, BAGO renforce son dispositif.
Les nouvelles mesures comprennent :
L'objectif affiché est de transformer le Duty of Care en instrument opérationnel permanent, continuellement amélioré sur base de l'expérience de terrain et des nouvelles connaissances en matière de prévention.
BAGO plaide désormais pour que le devoir d'encadrement devienne obligatoire pour l'ensemble des opérateurs titulaires d'une licence délivrée par la CJH. L'idée est d'instaurer un socle minimal de protection commun à toute l'offre légale belge.
Selon l'association, cette harmonisation renforcerait la canalisation, améliorerait la cohérence du cadre réglementaire et contribuerait à lutter plus efficacement contre l'attractivité du marché illégal.
La Belgian Association of Gaming Operators (BAGO) regroupe cinq entreprises belges officiellement reconnues par la Commission des Jeux de Hasard en tant qu'opérateurs agréés.
L'association représente une part majoritaire du marché belge des jeux de hasard, en ligne et hors ligne :
Tous ses membres affirment respecter l'obligation de canalisation et promouvoir une offre de jeu légale et responsable.
Le message de BAGO s'inscrit dans un contexte de tension croissante autour du marché illégal et de l'efficacité des politiques de prévention. En mettant en avant le Duty of Care comme outil central, l'association tente de repositionner les opérateurs agréés comme acteurs de la solution plutôt que comme source du problème.
Reste à voir si le législateur belge transformera cette démarche sectorielle en obligation réglementaire formelle, dans un environnement où l'équilibre entre protection des joueurs et maintien de l'attractivité de l'offre légale demeure plus fragile que jamais.