mardi 17 Février 2026
Les dernières données publiées par la Commission des Jeux de Hasard (CJH) confirment une tendance lourde : en février 2026, le nombre de demandes d'exclusion volontaire a dépassé pour la première fois les 70.000 dossiers. Un cap symbolique qui illustre l'ampleur croissante du recours à l'auto-exclusion dans le cadre du système EPIS.
Chaque mois, la Commission des Jeux de Hasard publie les statistiques actualisées du système EPIS (Excluded Persons Information System), l'outil national de contrôle d'accès aux établissements et plateformes de jeux réglementés en Belgique.
Pour février 2026, les chiffres indiquent :
En janvier 2026, les données faisaient état de :
La progression mensuelle est donc nette : +1.313 dossiers volontaires en un mois.
Il convient de rappeler que le diagramme publié par la CJH représente le nombre total de dossiers d'exclusion. Une même personne peut être enregistrée sous plusieurs motifs, ce qui signifie que le nombre réel de personnes exclues est légèrement inférieur au total brut affiché.

L'exclusion volontaire est directement liée aux jeux de hasard. Elle permet à un joueur qui estime perdre le contrôle ou vouloir se protéger d'introduire lui-même une demande auprès de la Commission des Jeux de Hasard.
Concrètement, une fois la demande validée :
Le joueur n'a plus accès :
Le blocage est effectif via le système EPIS, qui est consulté obligatoirement :
Le franchissement du seuil des 70.000 exclusions volontaires s'inscrit dans une dynamique observée depuis plusieurs années.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution :
La progression entre janvier et février 2026 confirme que le recours à l'auto-exclusion reste un outil central de prévention.
Les exclusions volontaires représentent désormais 34,6% de l'ensemble des dossiers d'exclusion actifs, contre 34,2% en janvier.
Les autres catégories comprennent notamment :
La catégorie "volontaire" demeure toutefois la plus significative en matière de prévention active du jeu problématique.
Le système EPIS est considéré comme l'un des outils les plus structurants du modèle belge de régulation. Il repose sur un contrôle centralisé et obligatoire. Toute tentative d'accès à un établissement ou à un site licencié entraîne une vérification automatique dans la base de données nationale.
Ce mécanisme distingue la Belgique de nombreux autres pays européens où l'auto-exclusion reste parfois fragmentée entre opérateurs.
Si le cap des 70.000 exclusions volontaires marque un tournant symbolique, il doit être interprété avec prudence.
Un chiffre élevé peut refléter :
Le système d'auto-exclusion constitue avant tout un mécanisme de responsabilisation individuelle.
Dans un contexte où les chiffres d'exclusion augmentent, la pression réglementaire pourrait continuer à s'intensifier :
La Commission des Jeux de Hasard suit ces indicateurs de près, notamment dans le cadre des débats parlementaires récents sur la politique de prévention.
Le franchissement de la barre des 70.000 exclusions volontaires en février 2026 constitue un jalon important dans l'évolution du paysage des jeux de hasard en Belgique. Ce cap souligne à la fois l'importance croissante de l'auto-protection des joueurs et la centralité du système EPIS dans l'architecture réglementaire belge.
Reste à observer si cette tendance se confirme dans les prochains mois, dans un environnement toujours plus encadré et sous surveillance accrue des autorités.