mercredi 1er Avril 2026
À la suite de la publication des données 2024 de la Commission des Jeux de Hasard (CJH), BAGO tire la sonnette d'alarme. Le recul du marché légal s'accompagne d'une progression inquiétante de l'offre illégale, remettant en cause la canalisation des joueurs et l'efficacité des nouvelles régulations.
Les données financières 2024 publiés par la Commission des Jeux de Hasard (CJH) confirment une tendance déjà perceptible : le marché belge des jeux d'argent est en recul.
Cette baisse intervient dans un contexte de durcissement réglementaire marqué, notamment depuis l'entrée en vigueur de l'arrêté royal du 27 février 2023 sur la publicité pour les jeux de hasard.
Pour BAGO (Belgian Association of Gaming Operators), cette évolution n'est pas anodine. Elle traduit un affaiblissement de l'offre légale, pourtant censée constituer le pilier de la protection des joueurs.
Au cœur des préoccupations : la canalisation des joueurs, principe fondamental de la politique belge en matière de jeux de hasard.
L'objectif est clair : orienter les joueurs vers des opérateurs licenciés, encadrés par la Commission des Jeux de Hasard (CJH), où des mécanismes de protection existent (contrôle d'âge, EPIS, limites de jeu, etc.).
Mais selon BAGO, cette canalisation est aujourd'hui mise à mal. Avec des contraintes toujours plus fortes sur les opérateurs légaux (restrictions publicitaires, pression fiscale, limitations des offres promotionnelles), ces derniers perdent en attractivité face à des sites illégaux qui échappent totalement aux règles.
C'est le point central de l'analyse de BAGO : la montée en puissance des plateformes illégales. Ces sites présentent plusieurs caractéristiques problématiques :
Dans ce contexte, les joueurs peuvent être facilement attirés par une offre plus attractive en apparence, mais nettement plus risquée.
BAGO insiste également sur l'écart croissant entre les opérateurs légaux et illégaux.
D'un côté, les acteurs licenciés subissent :
De l'autre, les opérateurs illégaux :
Ce déséquilibre crée une distorsion de concurrence majeure, qui pénalise directement l'écosystème légal.
Face à ce constat, BAGO appelle à une réaction rapide des autorités belges.
Plusieurs pistes sont évoquées :
L'enjeu est double : préserver un secteur économique important et garantir un niveau élevé de protection des joueurs.
Les données 2024 de la Commission des Jeux de Hasard (CJH) marquent un tournant. Pour la première fois depuis plusieurs années (hors période Covid), le marché recule dans un contexte de régulation renforcée. Mais au-delà des chiffres, c'est l'équilibre même du modèle belge qui est questionné.
Si la canalisation des joueurs vers le marché légal continue de s'éroder, c'est toute la stratégie de protection qui pourrait être fragilisée.
BAGO le rappelle : un marché légal fort reste la meilleure garantie pour encadrer les pratiques de jeu et limiter les risques liés à l'addiction et aux dérives du secteur illégal.