mercredi 1er Avril 2026
La fiscalité des jeux de hasard en Belgique revient au cœur du débat. BAGO soutient une proposition de loi visant à rétablir la déductibilité des taxes régionales, dénonçant une pression fiscale pouvant atteindre 70 %. Derrière cette réforme, un enjeu stratégique : préserver l'attractivité du marché légal face à la montée des sites illégaux et garantir la protection des joueurs.
Depuis la réforme fiscale adoptée fin 2023, les opérateurs de jeux de hasard en Belgique ne peuvent plus déduire les taxes régionales comme charges professionnelles. Concrètement, cela signifie que les casinos, salles de jeux et opérateurs de paris sont désormais imposés sur une base qui ne tient pas compte de taxes déjà acquittées.
Résultat : selon les estimations relayées par la Belgian Association of Gaming Operators (BAGO), la pression fiscale effective peut grimper jusqu'à 65 à 70 % pour certains acteurs du marché légal.
Un niveau jugé critique, en particulier pour les casinos terrestres et les exploitants traditionnels, qui doivent faire face à des coûts fixes élevés : personnel, infrastructures, loyers, entretien et obligations liées aux concessions publiques.
Face à cette situation, une proposition de loi portée par le député Jean-Marie Dedecker vise à réintroduire la déductibilité fiscale des taxes régionales sur les jeux de hasard.
L'objectif est clair : revenir à une logique fiscale plus cohérente et éviter une double imposition implicite qui fragilise l'ensemble du secteur.
Pour les opérateurs, l'enjeu est majeur :
Cette réforme concerne directement l'impôt des sociétés et l'impôt des personnes physiques appliqués aux opérateurs agréés en Belgique.
Au-delà de la fiscalité, BAGO insiste sur un point clé du modèle belge : la canalisation des joueurs.
Ce principe consiste à orienter les joueurs vers des opérateurs légaux, encadrés par la Commission des Jeux de Hasard, afin de garantir :
Mais cet équilibre est aujourd'hui fragilisé. Selon les données mises en avant par BAGO :
Une tendance préoccupante qui remet en question l'efficacité du modèle actuel.
Le message de BAGO est stratégique : une fiscalité trop lourde affaiblit directement le marché légal et favorise mécaniquement les opérateurs illégaux. Contrairement aux opérateurs agréés, ces derniers :
Dans ce contexte, alourdir la fiscalité du secteur régulé revient, selon BAGO, à réduire sa compétitivité face à une offre illégale déjà très accessible.
Le risque est clair : une perte de canalisation et une migration accrue des joueurs vers des plateformes non contrôlées.
Le débat fiscal dépasse largement la question des opérateurs.
Le marché légal des jeux de hasard représente :
Les casinos terrestres jouent également un rôle structurant dans plusieurs villes comme Ostende, Namur ou Spa, via des modèles de concession.
Une pression fiscale excessive pourrait donc impacter :
Autre angle soulevé : la cohérence institutionnelle. Les taxes sur les jeux relèvent des Régions, mais la suppression de leur déductibilité a été décidée au niveau fédéral.
Pour BAGO, cela pose une question de fond sur l'équilibre des compétences et sur le respect de l'autonomie fiscale régionale.
Un argument qui pourrait peser dans le débat politique autour de cette réforme.
Dans sa prise de position, BAGO appelle à :
L'objectif affiché est clair : restaurer un marché légal suffisamment attractif pour continuer à canaliser les joueurs.
La fiscalité des jeux de hasard en Belgique est devenue un levier stratégique dans la lutte contre le marché illégal. Avec une pression fiscale pouvant atteindre 70 %, le secteur légal se retrouve fragilisé au moment même où la concurrence illégale explose.
La proposition de loi soutenue par BAGO pourrait marquer un tournant, en rétablissant un équilibre fiscal plus cohérent. Derrière ce débat technique, c'est toute la question de la protection des joueurs et de l'avenir du marché régulé en Belgique qui se joue.