lundi 20 Avril 2026
Dans une nouvelle publication datée du 17 avril 2026, la Belgian Association of Gaming Operators (BAGO) tire la sonnette d'alarme : la perte de visibilité de l'offre légale favoriserait une migration massive des joueurs belges vers des sites illégaux. L'association appelle à renforcer la canalisation et à revoir l'approche réglementaire actuelle.
Les chiffres avancés par la Belgian Association of Gaming Operators (BAGO) confirment une tendance déjà observée ces derniers mois : le marché illégal prend une ampleur considérable en Belgique.
Selon les données relayées, près de deux tiers du trafic en ligne lié aux jeux de hasard seraient aujourd'hui dirigés vers des sites non agréés. Plus préoccupant encore, 23 % des dépenses totales des joueurs belges en janvier 2025 auraient été captées par ces opérateurs illégaux.
Ces chiffres rejoignent d'autres constats récents déjà relayés dans le secteur, notamment sur l'impact des restrictions publicitaires entrées en vigueur en juillet 2023, qui ont fortement réduit la visibilité des opérateurs légaux.
La Belgique repose sur un principe central : la canalisation, c'est-à-dire orienter les joueurs vers une offre légale, contrôlée et sécurisée.
Ce principe a été rappelé par la Cour constitutionnelle de Belgique, notamment dans son arrêt du 11 décembre 2025. La Cour y confirme que la politique belge ne vise pas uniquement la protection des joueurs, mais aussi leur orientation vers des opérateurs agréés afin de limiter l'attrait du marché illégal.
Dans ce contexte, BAGO insiste sur un point clé : sans visibilité suffisante de l'offre légale, cette canalisation devient inefficace.
Lorsque les joueurs ne parviennent plus à distinguer clairement les sites autorisés des plateformes illégales, ils basculent plus facilement vers ces dernières, parfois sans même en avoir conscience.
L'étude met également en lumière une réalité inquiétante : les publics les plus fragiles sont les premiers touchés.
Les données issues notamment de la Commission des Jeux de Hasard (CJH) indiquent que :
Ces chiffres illustrent un paradoxe majeur : les outils de protection belges, pourtant parmi les plus stricts en Europe, deviennent inopérants dès que les joueurs quittent l'écosystème légal.
Dans l'offre agréée, plusieurs mécanismes garantissent la protection des joueurs :
Mais sur les sites illégaux, aucune de ces protections n'est appliquée.
Pour BAGO, la problématique est donc claire : réduire la visibilité des opérateurs légaux revient indirectement à affaiblir la protection des joueurs.
L'association critique implicitement les effets de la réglementation actuelle, notamment en matière de publicité.
Selon BAGO, limiter davantage la visibilité des opérateurs agréés pourrait produire l'effet inverse de celui recherché :
Cette analyse rejoint les inquiétudes déjà exprimées dans le secteur, notamment face à la montée des campagnes marketing agressives menées par des sites illégaux, souvent hors de tout cadre réglementaire.
Face à ce constat, BAGO formule un appel clair aux autorités belges :
L'association estime que la modernisation en cours de la législation sur les jeux de hasard représente une opportunité clé pour rééquilibrer le marché.
Cette publication s'inscrit dans un débat de fond qui traverse actuellement le secteur belge des jeux de hasard : comment concilier protection des joueurs et efficacité de la canalisation ?
D'un côté, les autorités cherchent à limiter l'exposition au jeu via des restrictions strictes. De l'autre, les opérateurs légaux alertent sur un risque croissant de basculement vers un marché illégal incontrôlable.
Une chose est certaine : les chiffres avancés par BAGO confirment que la bataille de la canalisation est loin d'être gagnée en Belgique.