mardi 12 Mai 2026
La Belgian Association of Gaming Operators (BAGO) a réagi aux derniers chiffres de l'enquête de santé de Sciensano consacrée aux jeux de hasard. L'association estime que les données confirment la nécessité d'une politique publicitaire davantage ciblée sur les opérateurs illégaux, plutôt qu'un durcissement supplémentaire des restrictions imposées aux opérateurs privés agréés par la Commission des Jeux de Hasard (CJH).
La Belgian Association of Gaming Operators a publié ce 12 mai une analyse des derniers résultats de l'enquête de santé menée par Sciensano sur les comportements liés aux jeux de hasard en Belgique. Selon ces données, la prévalence des comportements de jeu à risque reste stable depuis plus de cinq ans à 2,6 % de la population, tandis que 0,6 % des joueurs présenteraient un risque élevé de développer un comportement problématique.
Autre donnée mise en avant par la BAGO : 9 joueurs belges sur 10 participent à des jeux de loterie. Un chiffre que l'association utilise pour rappeler que la publicité autour des produits de la Loterie Nationale reste largement autorisée, contrairement aux restrictions très importantes imposées depuis 2023 aux opérateurs privés titulaires d'une licence délivrée par la Commission des Jeux de Hasard (CJH).
L'enquête de Sciensano indique également que 52,2 % des Belges déclarent être exposés chaque semaine à au moins une forme de publicité liée aux jeux de hasard. Cette exposition concerne notamment la télévision, les sites internet ou encore les réseaux sociaux.
Concernant le sponsoring, les chiffres sont plus nuancés. Environ un Belge sur dix affirme y être fréquemment exposé, tandis qu'une part importante de la population indique y être peu ou pas confrontée.
La BAGO insiste toutefois sur un point : l'étude ne distingue pas les publicités provenant des opérateurs légaux et celles issues du marché illégal. Pour l'association, cette absence de distinction est essentielle dans l'interprétation des chiffres.
Dans sa publication, la BAGO rappelle que la Belgique applique depuis le 1er juillet 2023 l'un des cadres les plus restrictifs d'Europe en matière de publicité pour les jeux de hasard. L'arrêté royal du 27 février 2023 a notamment interdit la publicité des opérateurs privés à la télévision, à la radio, dans la presse écrite, sur les réseaux sociaux ou encore via e-mail et SMS.
L'association estime cependant que plusieurs exceptions créent aujourd'hui un « paysage publicitaire fragmenté ». Elle cite notamment :
La BAGO rappelle que ces plateformes illégales échappent aux obligations imposées aux opérateurs agréés : contrôle de l'âge, vérification EPIS, limites de dépôt ou encore devoir de vigilance.
Cette prise de position s'inscrit dans la continuité du discours porté depuis plusieurs mois par la BAGO autour de la notion de « canalisation » des joueurs vers l'offre légale.
Selon l'association, un renforcement supplémentaire des restrictions publicitaires visant uniquement les opérateurs agréés risquerait surtout de réduire davantage leur visibilité face aux acteurs illégaux, déjà très présents en ligne.
La BAGO appelle donc les autorités belges à concentrer leurs efforts sur trois priorités :
L'association plaide également pour un renforcement des moyens de la Commission des Jeux de Hasard (CJH) afin de lui permettre d'agir plus efficacement contre les sites illégaux ciblant les joueurs belges.