mardi 31 Mars 2026
Les données financières 2024 publiées par la Commission des Jeux de Hasard (CJH) confirment un tournant majeur en Belgique. Le marché des jeux d'argent recule pour la première fois hors Covid, sous l'effet des nouvelles restrictions. Mais derrière cette baisse, une question inquiète : les joueurs se détournent-ils du marché légal au profit d'offres illégales ?
Avec la publication (tardive) des données financières 2024, on constate que le secteur belge des jeux de hasard enregistre une baisse globale de -4,86 %, pour un produit brut des jeux (GGR) de 1.609.510.732 €
Il s'agit d'un événement majeur. Depuis plusieurs années, le marché évoluait à la hausse, porté notamment par la digitalisation et l'essor des casinos en ligne. Cette baisse marque donc une rupture nette dans la dynamique du secteur.
Plusieurs mesures entrées en vigueur récemment ont profondément modifié l'environnement du jeu :
Selon la Commission des Jeux de Hasard, ces règles ont freiné l'activité des opérateurs légaux. Le lien entre régulation et baisse du marché est désormais clairement établi.
Le jeu offline enregistre une baisse de -7,59 %, avec des reculs significatifs :
Cette tendance s'explique notamment par :
Le online représente désormais 57 % du marché belge
Mais la croissance s'essouffle :
Le fait marquant concerne les licences B+ : -23,83 % en 2024. Cette chute s'explique notamment par la fin du cumul des licences sur un même site, poussant les opérateurs à restructurer leur offre.
Malgré un calendrier sportif exceptionnel (Euro 2024, Jeux Olympiques), le marché des paris recule :
Ce recul confirme que les facteurs réglementaires ont pris le dessus sur les moteurs traditionnels de croissance.
La CJH souligne un point critique : il est impossible de savoir si les joueurs jouent moins… ou s'ils se tournent vers des sites illégaux
Cette incertitude soulève un enjeu majeur pour le marché belge :
Dans un contexte de restrictions renforcées, l'attractivité du marché illégal pourrait progresser.
Autre enseignement clé : la publication tardive de ces données financières.
En cause :
Pour un secteur pesant plus de 1,6 milliard €, cette situation interroge sur la capacité du régulateur à suivre efficacement le marché.
Les données 2024 confirment une mutation profonde :
La Belgique s'impose comme un marché fortement encadré, mais l'équilibre entre régulation et canalisation reste fragile.
Le rapport financier 2024 de la Commission des Jeux de Hasard met en lumière une réalité complexe :
L'année 2025 sera déterminante pour savoir si ce recul marque une stabilisation du marché… ou le début d'un basculement vers des circuits non régulés.