Publicités illégales de jeux d'argent : un rapport dénonce la modération défaillante de Meta en Belgique
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60.000 publicités illicites en un mois : les réseaux sociaux accusés de laisser prospérer les casinos illégaux

vendredi 6 Mars 2026

Publicités illégales de jeux d'argent : un rapport dénonce la modération défaillante de Meta en Belgique

Une étude commanditée par l'opérateur belge Napoleon Games met en lumière l'ampleur de la publicité illégale pour les jeux d'argent sur les réseaux sociaux. Si les chiffres avancés doivent être interprétés avec prudence, le rapport souligne surtout les failles de la modération de Meta, dont les plateformes serviraient de relais privilégié aux opérateurs non agréés visant les joueurs belges.

Un flot de publicités illégales sur les réseaux sociaux

La question de la publicité illégale pour les jeux d'argent refait surface en Belgique. Dans une étude commanditée par l'opérateur légal Napoleon Games, plusieurs milliers de campagnes promotionnelles diffusées sur Facebook ont été analysées afin d'évaluer l'ampleur du phénomène.

Selon ce rapport, pas moins de 60.000 publicités illicites auraient été diffusées en décembre 2025 par plus de 3.000 pages Facebook différentes. Ces annonces renvoyaient vers des plateformes de jeux d'argent opérant sans licence délivrée par la Commission des Jeux de Hasard (CJH).

Les chiffres sont impressionnants, mais ils doivent être abordés avec prudence. Le bureau d'études à l'origine de l'analyse n'a pas souhaité être identifié publiquement et les données ne peuvent pas être entièrement vérifiées de manière indépendante. Le rapport reste toutefois révélateur d'un phénomène régulièrement dénoncé par les opérateurs agréés.

Depuis plusieurs années, ces derniers alertent sur la présence croissante de casinos en ligne étrangers qui ciblent le marché belge sans respecter les obligations légales, notamment en matière de protection des joueurs et de prévention de l'addiction.

Un débat relancé par la restriction de la publicité

Ces critiques se sont intensifiées depuis l'entrée en vigueur de l'arrêté royal du 27 février 2023, qui encadre strictement la publicité pour les jeux de hasard en Belgique. Depuis le 1er juillet 2023, les opérateurs titulaires d'une licence doivent respecter des règles particulièrement restrictives en matière de communication commerciale.

Pour une partie du secteur, ces limitations auraient produit un effet paradoxal. En limitant fortement la visibilité des opérateurs agréés, elles laisseraient davantage d'espace aux plateformes illégales qui, elles, ne respectent aucune réglementation.

L'argument avancé est simple : les acteurs légaux disparaissent progressivement des canaux publicitaires traditionnels, tandis que les sites non autorisés continuent d'investir massivement les réseaux sociaux pour attirer les joueurs belges.

Pour l'instant, les données disponibles ne permettent toutefois pas de confirmer clairement un basculement massif des joueurs vers les plateformes illégales. Une enquête menée en 2025 par la Commission des Jeux de Hasard (CJH) indiquait notamment que les habitudes de jeu des 18-30 ans avaient peu évolué malgré les nouvelles restrictions publicitaires.

Une modération jugée très insuffisante

Au-delà du volume d'annonces, le rapport pointe surtout les lacunes dans la modération des contenus sur les plateformes du groupe Meta.

Selon l'étude, seulement 11,5 % des publicités diffusées par des opérateurs non agréés auraient été supprimées par la plateforme pour non-respect de ses règles internes. Un taux particulièrement faible qui illustrerait les limites des systèmes de détection.

Les données publiques disponibles vont dans le même sens. Entre le 7 janvier et le 30 novembre 2025, la ministre de la Justice Annelies Verlinden indiquait que la Commission des Jeux de Hasard (CJH) avait signalé près de 8.000 publicités illicites à Meta.

Même avec un canal de signalement privilégié, le régulateur se heurte à un problème structurel : les campagnes supprimées sont immédiatement remplacées par de nouvelles annonces, souvent publiées via d'autres comptes.

Les stratégies des opérateurs illégaux

L'étude détaille également les techniques utilisées par les plateformes non agréées pour contourner les systèmes de modération.

Les pages Facebook qui diffusent ces publicités sont généralement créées en masse et possèdent une durée de vie très courte. Certaines campagnes ne restent actives que quelques heures, voire moins d'une journée. Cette volatilité rend leur détection particulièrement difficile.

Les annonces renvoient souvent vers :

  • un site de jeux d'argent non autorisé ;
  • une copie frauduleuse de l'App Store ou du Google Play Store permettant de télécharger une application ;
  • des pages intermédiaires destinées à masquer la destination finale.

Certaines publicités vont jusqu'à reprendre l'identité graphique d'opérateurs légaux, afin de renforcer leur crédibilité auprès des internautes.

Des techniques de camouflage sophistiquées

Pour éviter les filtres automatiques des plateformes, les annonceurs illégaux utilisent également des techniques de camouflage textuel.

Le principe consiste à insérer des centaines ou des milliers de caractères invisibles dans certains mots-clés, comme « casino », afin de tromper les algorithmes de détection. Pour l'utilisateur, le mot reste parfaitement lisible sur l'image de la publicité, mais les systèmes automatisés ont plus de difficultés à l'identifier.

Autre méthode courante : les redirections de domaine dynamiques. Le lien présent dans la publicité ne renvoie pas toujours vers la même page selon l'identité du visiteur. Les robots de contrôle des plateformes peuvent ainsi être dirigés vers une page neutre ou une erreur, tandis que les utilisateurs ciblés accèdent au site de jeu illégal.

Une tolérance jugée économiquement rentable

Les critiques visant Meta ne sont pas nouvelles. Fin 2025, une enquête de l'agence Reuters révélait que l'entreprise était consciente de l'ampleur du phénomène.

Selon des documents internes cités par l'agence, la société estimait que jusqu'à 10 % de ses revenus publicitaires pourraient provenir de contenus frauduleux ou interdits. Les systèmes de détection seraient par ailleurs configurés pour bloquer les annonces uniquement lorsqu'il existe au moins 95 % de certitude qu'elles soient frauduleuses.

Meta a contesté ces conclusions, affirmant que ces documents ne reflétaient qu'une vision partielle de sa politique interne et que l'entreprise luttait activement contre les escroqueries et les contenus illégaux.

Reste que, pour de nombreux observateurs du secteur numérique et de la cybersécurité, les outils techniques permettant de mieux filtrer ces contenus existent déjà. Le véritable problème serait donc moins technologique que stratégique.

Autrement dit, tant que la diffusion de ces publicités reste rentable, les plateformes pourraient manquer d'incitations à renforcer drastiquement leur modération. Une situation qui, dans le cas des jeux d'argent, pose directement la question de la protection des joueurs face aux opérateurs illégaux ciblant le marché belge.

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