mercredi 8 Avril 2026
Dans un rapport publié en mars 2026, le Comité permanent des médecins européens (CPME) alerte sur les risques sanitaires liés aux jeux de hasard et recommande des mesures fortes, dont l'interdiction de la publicité et un encadrement renforcé à l'échelle européenne.
Le dernier rapport du Comité Permanent des Médecins Européens (CPME) place clairement les jeux de hasard au cœur des enjeux de santé publique en Europe. Selon les médecins européens, les comportements addictifs liés au gambling ont des conséquences graves : endettement, troubles mentaux, conflits familiaux et même risque accru de suicide.
Le document souligne que ces risques ne concernent pas uniquement les joueurs pathologiques. Une part bien plus large de la population subit des effets négatifs, parfois à un niveau modéré mais durable.
L'Organisation mondiale de la santé reconnaît d'ailleurs les troubles liés aux jeux de hasard comme des pathologies à part entière, ce qui renforce la nécessité d'une approche sanitaire plutôt que strictement économique.
Le rapport met en évidence un paradoxe : alors que les risques sont mieux connus, l'industrie du jeu continue de croître, notamment grâce au développement du online. La réalité est un peu différente pour le marché belge, qui a connu un fléchissement de son GGR (-4.86 %) en 2024, d'après les chiffres de la CJH.
Les médecins pointent plusieurs facteurs aggravants :
Cette réalité fait écho à la situation en Belgique, où la question de la canalisation vers l'offre légale reste centrale, notamment face à la montée des opérateurs illégaux.
Parmi les recommandations les plus marquantes du CPME figure une proposition radicale :
L'objectif est clair : réduire l'exposition, en particulier chez les jeunes, considérés comme une population à risque. Cette position s'inscrit dans un débat déjà très actif en Belgique depuis l'arrêté royal du 27 février 2023, qui a fortement restreint la publicité pour les jeux d'argent.
Le rapport ne se limite pas à un constat. Il propose une série de mesures structurantes :
Ces recommandations rejoignent plusieurs dispositifs déjà en place en Belgique, comme :
Le CPME insiste également sur un point clé : la lutte contre l'offre illégale.
L'accessibilité du jeu en ligne permet aujourd'hui aux joueurs de contourner facilement les régulations nationales. Cette réalité est particulièrement préoccupante en Belgique, où une part importante des joueurs fréquente des sites non autorisés.
Le rapport appelle donc à :
Aujourd'hui, la régulation des jeux de hasard reste une compétence nationale. Mais le CPME plaide pour une approche plus coordonnée au niveau de l'Union européenne.
Plusieurs textes européens pourraient jouer un rôle croissant :
L'enjeu est d'adapter la régulation à un marché devenu transfrontalier, où les frontières nationales sont de moins en moins efficaces.
Ce rapport marque une étape importante dans la perception des jeux d'argent en Europe. En les considérant comme un enjeu de santé publique majeur, les médecins européens renforcent la pression sur les décideurs politiques.
Pour la Belgique, déjà engagée dans une politique restrictive, ces recommandations pourraient conforter la stratégie actuelle… tout en relançant le débat sur son efficacité face à la concurrence du marché illégal.
La question centrale reste inchangée : comment protéger les joueurs sans affaiblir l'offre légale ?