jeudi 26 Mars 2026
Le groupe liégeois Gaming1 affiche des ambitions inédites avec un objectif d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici cinq ans. Porté par une solide santé financière et une possible recomposition de son actionnariat, l'opérateur belge entend accélérer son expansion… tout en se positionnant déjà sur des dossiers stratégiques comme la concession du casino de Bruxelles.
Le signal est fort. Gaming1 a procédé à une réduction de capital de 150 millions d'euros au bénéfice de ses actionnaires, une opération relativement rare en Belgique et révélatrice d'une situation financière particulièrement robuste.
Malgré cette distribution, le groupe conserve un capital de plus de 500 millions d'euros, preuve d'une structure solide. Cette performance s'inscrit dans une dynamique de croissance continue, avec un chiffre d'affaires attendu autour de 500 millions d'euros en 2025, dont près de 40 % réalisés à l'international.
Depuis l'entrée du fonds CVC en 2021, Gaming1 a clairement changé d'échelle, passant d'un acteur belge dominant à un groupe structuré pour viser plus haut.
L'ambition est désormais clairement affichée : atteindre un milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici cinq ans et devenir un acteur de référence en Europe.
Pour y parvenir, Gaming1 a recentré sa stratégie sur six marchés clés en Europe de l'Ouest : la Belgique, les Pays-Bas, la France, la Suisse, le Portugal et le Luxembourg. Une phase de consolidation qui devrait s'achever fin 2026.
Mais le défi est de taille. Le groupe reste aujourd'hui un acteur intermédiaire face à des géants comme Kindred Group, Flutter Entertainment ou Entain, dans un marché européen de plus de 120 milliards d'euros.
La clé du succès passera notamment par la performance technologique et la capacité à rivaliser sur le digital, un terrain de plus en plus concurrentiel.
Autre enjeu majeur : la probable sortie du fonds CVC à horizon un à deux ans. Comme souvent dans le private equity, plusieurs scénarios sont envisagés :
Les familles fondatrices affichent toutefois une ambition claire : reprendre le contrôle du groupe pour privilégier une vision stratégique à long terme.
Cette transition actionnariale sera déterminante pour la suite du développement de Gaming1.
Au-delà de son expansion internationale, Gaming1 reste attentif aux opportunités sur son marché domestique. Le groupe a ainsi confirmé analyser le dossier de la concession du casino de Bruxelles.
Un élément loin d'être anodin, alors que la ville de Bruxelles a relancé un appel d'offres européen estimé à 750 millions d'euros sur 15 ans, actuellement exploité par Viage. Cette prise de position illustre la volonté de Gaming1 de renforcer son ancrage physique, en complément de ses activités digitales, dans une logique omnicanale assumée.
Malgré ses ambitions, Gaming1 pointe clairement les limites du cadre actuel. Le groupe appelle à davantage de stabilité fiscale et à un environnement réglementaire plus compétitif.
En ligne de mire : la concurrence des opérateurs illégaux, particulièrement actifs sur les réseaux sociaux, et qui échappent aux contraintes imposées aux acteurs licenciés par la Commission des Jeux de Hasard (CJH).
Dans ce contexte, la question de la canalisation des joueurs vers l'offre légale reste centrale. Un enjeu d'autant plus stratégique que le développement digital constitue désormais le principal levier de croissance du secteur.
Gaming1 entame une nouvelle phase de son développement. Entre ambitions européennes, recomposition actionnariale et positionnement sur des dossiers stratégiques comme le casino de Bruxelles, le groupe liégeois se donne les moyens de changer de dimension.
Reste à savoir si le cadre réglementaire belge lui permettra de rivaliser pleinement avec les géants internationaux… et de concrétiser son ambition de devenir un leader européen du jeu.