mardi 9 Juin 2026
Une Américaine de 69 ans a réussi à contourner son interdiction volontaire de casino pour jouer dans un établissement de Pennsylvanie. Après avoir remporté le jackpot sur une machine à sous, elle a toutefois été identifiée par les services de contrôle. Résultat : expulsion immédiate, amende pour intrusion et confiscation probable de ses gains. Une affaire qui rappelle l'importance des dispositifs d'auto-exclusion, également présents en Belgique via le système EPIS.
L'histoire s'est déroulée le 31 mai 2026 au Hollywood Casino de Grantville, en Pennsylvanie. Une femme de 69 ans, originaire du New Jersey, s'est installée devant une machine à sous et a réussi à décrocher un jackpot. Mais cette victoire a rapidement attiré l'attention des équipes de surveillance du casino.
Lors des vérifications obligatoires qui accompagnent tout gain important, les responsables de l'établissement ont découvert que la joueuse figurait sur la liste officielle des personnes auto-exclues des casinos de l'État. Elle s'était inscrite elle-même en 2019 dans le cadre d'un programme destiné aux personnes souhaitant lutter contre leur addiction au jeu.
La police de Pennsylvanie est alors intervenue pour l'escorter hors de l'établissement. Une contravention pour intrusion lui a également été signifiée.
En Pennsylvanie, les personnes inscrites sur un registre d'auto-exclusion peuvent choisir une interdiction d'un an, de cinq ans ou à vie. Pendant cette période, elles n'ont plus le droit d'accéder aux casinos agréés ni de percevoir d'éventuels gains.
La réglementation prévoit explicitement que tout jackpot remporté en violation de cette interdiction est confisqué. Les sommes récupérées sont ensuite utilisées pour financer des programmes de prévention et de lutte contre l'addiction au jeu.
Ce n'est d'ailleurs pas un cas isolé. En 2025, un autre joueur inscrit sur la liste d'auto-exclusion à vie avait perdu un jackpot de 57.000 dollars pour les mêmes raisons.
Si cette affaire se déroule aux États-Unis, elle présente de nombreuses similitudes avec le dispositif belge.
En Belgique, les joueurs peuvent demander volontairement leur exclusion via le système EPIS (Excluded Persons Information System), géré par la Commission des Jeux de Hasard (CJH). Une personne auto-exclue ne peut plus accéder aux casinos, salles de jeux automatiques, établissements de paris ni aux sites de jeux de hasard titulaires d'une licence belge.
Le contrôle est particulièrement strict. Depuis le 1er mai 2025, l'identité des joueurs doit être vérifiée avant toute participation aux jeux en ligne. Dans les établissements physiques, les contrôles EPIS sont systématiques à l'entrée.
La situation belge est encore plus dissuasive. L'article 54 de la loi sur les jeux de hasard prévoit que les personnes exclues ne peuvent pas participer légalement aux jeux. Si une personne parvient malgré tout à jouer alors qu'elle figure dans EPIS, elle s'expose à la confiscation de ses gains.
La Commission des Jeux de Hasard rappelle régulièrement que l'auto-exclusion constitue une mesure de protection du joueur. Son objectif n'est pas de sanctionner les personnes en difficulté, mais de les empêcher de rechuter dans une pratique problématique.
Cette affaire illustre également les limites des systèmes de contrôle. Malgré une interdiction à vie, la joueuse est parvenue à pénétrer dans le casino et à jouer suffisamment longtemps pour remporter un jackpot.
C'est finalement la procédure de vérification déclenchée par le gain qui a permis son identification. Pour les autorités de régulation, ce type de situation démontre néanmoins l'intérêt des registres d'auto-exclusion. Sans ces contrôles, les personnes ayant demandé à être protégées contre leur propre comportement de jeu pourraient facilement contourner leur engagement.
En Belgique comme en Pennsylvanie, le message est clair : l'auto-exclusion n'est pas une simple formalité administrative. Une fois inscrit sur la liste, le joueur renonce également au droit de percevoir les gains qu'il pourrait obtenir en enfreignant cette interdiction.