Interdiction de la publicité pour les jeux : un pari controversé
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Interdiction de la publicité pour les jeux : un pari controversé

jeudi 12 Mai 2022

Interdiction de la publicité pour les jeux : un  pari controversé

Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne s’est engagé à lutter contre la dépendance au jeu via une limitation drastique de la publicité pour le secteur digital. Un projet de loi serait en préparation et devrait être adopté en fin d’année. L’initiative du ministre a provoqué une vague de controverse chez les élus, les autorités et surtout les opérateurs légaux. Le texte pourrait en effet avoir les effets inverses en favorisant le marché noir. La Commission des jeux de hasard, de son côté, déplore de ne pas avoir été consultée.

Le risque du marché noir

Le ministre de la Justice veut limiter la publicité pour les jeux et les paris à l’exception des produits de la Loterie nationale. Pour cela, il propose d’interdire divers formats notamment les promotions sur les réseaux sociaux et les spots TV ou radio. Selon lui : « Une plus grande acceptation sociale des jeux de hasard en ligne, en raison de la multitude de publicités atteignant la population par divers canaux, est l’une des principales causes de leur popularité croissante ». Cette tendance serait à l’origine d’une augmentation dangereuse des risques d’addiction notamment chez les jeunes. Le projet de loi devrait être adopté d’ici la fin de l’année.

L’initiative a suscité plusieurs controverses auprès de l’opinion publique et privée. Le MR a dénoncé une intention de tuer le football. Selon son président, la limitation de la publicité va entrainer une réduction des revenus de sponsoring et de diffusion. Selon le CEO de la Pro League, celle-ci pourrait avoisiner les 20 %. La Commission des jeux de hasard a également réagi. Sa présidente Magalie Clavie s’est notamment étonnée de ne pas voir été consultée pour l’élaboration du texte. Elle aurait appris la nouvelle dans les journaux. Son étonnement est accentué par le fait que le régulateur aurait déjà formulé une série de recommandations pour mieux encadrer la publicité pour les jeux.

De leur côté, les opérateurs ont dénoncé le risque de voir les joueurs partir vers le marché noir. En interdisant la publicité, le ministre ouvrirait une voie d’or pour les acteurs étrangers, qui eux ne sont soumis à aucune limitation. Selon Yannick Bellefroid, CEO de Ladbrokes, les joueurs ne pourront plus faire la différence entre les sites légaux et illégaux. Emmanuel Mewissen, CEO de Gaming1, quant à lui s’est dit en faveur d’un meilleur encadrement. Il rappelle toutefois que les canaux du digital et du sponsoring permettent de référencer les acteurs légaux.

Le devoir d’accompagnement

Le 5 avril, la Commission des jeux de hasard a adressé une lettre au gouvernement fédéral afin d’améliorer les lois régissant la publicité pour les jeux. Elle y plaide pour une restriction, plus vertueuse par rapport à une interdiction. Elle propose également un meilleur ciblage des joueurs vulnérables en s’inspirant du devoir d’accompagnement suisse. Concrètement, le régulateur et les opérateurs agiraient ensemble afin de pouvoir intervenir au plus vite auprès des profils à risque. La Commission des jeux de hasard indique également qu’il est possible d’optimiser la lutte contre l’addiction en améliorant les outils déjà en place comme le système EPIS. Celui-ci n’est pas partagé avec les opérateurs émettant des publicités. Du coup, il arrive que des interdits de jeu reçoivent malgré tout des pubs.

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Notre note : 9.2/10
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