vendredi 17 Juillet 2026
Dans un secteur où les opérateurs disposent souvent de technologies et de catalogues comparables, Gaming1 estime que la différence se joue désormais sur la qualité de l'exécution, la transparence et la responsabilité. Le groupe belge veut notamment s'appuyer sur sa culture interne pour renforcer la confiance des joueurs et des régulateurs.
Les jeux proposés, les promotions et les innovations technologiques ne seraient plus les seuls éléments permettant à un opérateur de se distinguer. Dans une interview accordée à SBC News, Steven Scheers, Chief Transformation & People Officer de Gaming1, défend une vision dans laquelle la culture d'entreprise, l'éthique et la qualité des équipes deviennent de véritables avantages concurrentiels.
Selon le responsable, les opérateurs actifs sur les marchés régulés ont aujourd'hui accès à des produits, des technologies et des canaux d'acquisition relativement similaires. La différence se ferait donc davantage dans la manière dont ces différents outils sont utilisés, mais aussi dans la capacité des entreprises à respecter leurs engagements envers les joueurs et les autorités.
Les joueurs ne consultent généralement pas les politiques de recrutement, de rémunération ou de formation d'un casino en ligne. Ils peuvent néanmoins en ressentir indirectement les conséquences.
Une organisation mieux structurée devrait, selon Gaming1, prendre de meilleures décisions, proposer un service client plus efficace et appliquer plus rigoureusement les règles en matière de conformité et de jeu responsable. Les pratiques internes d'un opérateur pourraient donc avoir une influence sur l'expérience proposée aux joueurs, même lorsqu'elles restent invisibles pour ces derniers.
Pour Steven Scheers, la réussite à long terme passera par la capacité à associer le divertissement à la responsabilité. Gaming1 considère en effet que la poursuite de ses activités dépend de la confiance accordée par les joueurs, les régulateurs et la société dans son ensemble.
Ce discours intervient dans un contexte où le secteur belge des jeux d'argent fait face à une surveillance réglementaire renforcée, mais également à la concurrence de plateformes internationales qui ciblent les joueurs sans nécessairement respecter les mêmes obligations.
Gaming1 souligne la complexité croissante imposée aux entreprises actives sur les marchés européens régulés. Celles-ci doivent respecter de nombreuses exigences juridiques, fiscales et techniques, auxquelles s'ajoutent les obligations liées à l'identification des joueurs, à la prévention du jeu excessif et à la lutte contre le blanchiment.
Dans le même temps, les sites illégaux peuvent tenter d'attirer les joueurs avec des offres, des bonus ou des moyens de paiement qui ne sont pas autorisés sur le marché belge. Cette situation crée une concurrence déséquilibrée entre les plateformes titulaires d'une licence et les opérateurs qui choisissent de rester en dehors du cadre légal.
Steven Scheers considère que cette complexité ne peut être gérée qu'en combinant des équipes compétentes avec des outils technologiques solides. L'objectif n'est donc pas seulement d'automatiser certaines opérations, mais de conserver suffisamment d'expertise humaine pour comprendre et appliquer correctement les règles propres à chaque marché.
L'intelligence artificielle occupe également une place importante dans la transformation envisagée par Gaming1. Le groupe refuse toutefois de la présenter comme une solution capable de résoudre automatiquement les difficultés rencontrées par les opérateurs.
Selon Steven Scheers, la technologie agit avant tout comme un accélérateur. Lorsqu'elle est intégrée dans une entreprise disposant de processus mal définis ou d'une direction insuffisamment structurée, elle risque principalement d'amplifier les problèmes existants. À l'inverse, elle peut devenir un avantage majeur lorsqu'elle est utilisée par des équipes expérimentées, avec des responsabilités clairement établies.
Cette position complète les récents propos du directeur technologique de Gaming1, Christophe Boniver, également interrogé par SBC News. Celui-ci expliquait que l'intelligence artificielle devait servir à personnaliser l'expérience, améliorer les outils de jeu responsable et mieux répondre aux attentes individuelles des joueurs, plutôt qu'à simplement multiplier les contenus disponibles.
La stratégie technologique et la transformation interne apparaissent ainsi étroitement liées. Les outils de personnalisation ou de détection des comportements à risque ne peuvent être efficaces que si les équipes savent interpréter les données et définir des règles d'utilisation suffisamment claires.
Au cours des derniers mois, Gaming1 affirme avoir clarifié les fonctions et les responsabilités de ses collaborateurs, créé des parcours d'évolution professionnelle et renforcé la formation de ses dirigeants. Le groupe prévoit également d'utiliser la plateforme Workday afin d'améliorer la gestion de ses ressources humaines et l'exploitation de ses données internes.
Cette transformation avait déjà été mise en avant en mai 2026, lorsque Gaming1 avait reçu le prix « Most Remarkable Employer Organization » lors des HR Excellence Awards Belgium. L'entreprise avait alors expliqué avoir modernisé ses pratiques et ses méthodes de collaboration afin de renforcer sa capacité d'exécution dans un secteur fortement régulé et soumis à la concurrence croissante d'acteurs internationaux non autorisés.
Le recrutement devrait lui aussi devenir davantage assisté par les données et l'intelligence artificielle. Gaming1 estime cependant que la sélection des candidats doit rester fondamentalement humaine. Les compétences techniques ne seraient pas suffisantes : l'entreprise affirme également rechercher des profils capables de travailler en équipe, de s'adapter et de remettre en question les pratiques existantes.
La stratégie présentée par Gaming1 reste avant tout la vision défendue par l'entreprise dans une interview professionnelle. Pour les joueurs, sa pertinence devra donc être évaluée au travers de résultats concrets : efficacité du service client, transparence des règles, rapidité de traitement des problèmes, protection des données et qualité des dispositifs de jeu responsable.
Cette prise de parole témoigne néanmoins d'une évolution plus large du secteur. Les opérateurs régulés ne veulent plus seulement être jugés sur la quantité de jeux disponibles ou sur leurs performances commerciales. Ils cherchent également à mettre en avant leur organisation, leurs investissements technologiques et leur respect du cadre légal.
Face à des plateformes illégales parfois plus agressives commercialement, Gaming1 semble ainsi vouloir faire de la responsabilité et de la confiance des arguments de différenciation. Reste à démontrer que ces principes internes produiront des améliorations suffisamment visibles pour être perçues par les joueurs eux-mêmes.